Les décisions en matière de planification successorale se résument souvent à une question trompeusement simple : les parents devraient-ils diviser leur succession à parts égales entre leurs enfants ou répartir les actifs en fonction des besoins ?
Cette tension entre justice et égalité est l’une des sources de conflit les plus courantes après le décès d’un parent. Dans une interview, Harry Margolis, auteur de “Get Your Ducks in a Row”, a déclaré que de tels conflits surviennent souvent parce que les familles n’ont jamais discuté du plan à l’avance.
Vous trouverez ci-dessous une transcription de cette interview, éditée pour plus de clarté et de concision.
Discutez de vos projets successoraux en famille
Robert Powell : Comment pourriez-vous parler à votre famille de votre plan successoral de manière à réduire les conflits et à aborder la différence entre un héritage juste et égal ? Ici pour m’en parler, Harry Margolis, auteur de “Get Your Ducks in a Row”.
Harry, je suis sûr que c’est une question qu’on te pose tout le temps : juste contre égalité.
Pourquoi les héritages égaux sont courants
Harry Margolis : Nous ne recevons pas cette question tout le temps, mais nous l’entendons certainement car dans la plupart des cas, les gens partagent leur succession à parts égales entre leurs enfants. Lorsque tout est divisé à parts égales, cela ne pose généralement pas de problème.
Mais les enfants peuvent se trouver dans des situations très différentes, économiquement et financièrement. Ils peuvent également être confrontés à d’autres défis, comme la maladie, le divorce ou élever des enfants ayant des besoins spéciaux. En raison de ces différences, vous souhaiterez peut-être aider un enfant plus que les autres, ou vous souhaiterez peut-être être plus proche d’un enfant et plus éloigné d’un autre.
Le problème est que l’argent est souvent assimilé à l’amour. Lorsque les enfants héritent de moins que leurs frères et sœurs, ils peuvent se sentir abandonnés. Cela peut créer des ressentiments qui perdurent longtemps après le départ des parents. Et c’est quelque chose que la plupart des parents veulent éviter.
La question est donc de savoir comment équilibrer les différents besoins et circonstances sans créer de conflits.
De nombreuses personnes choisissent de faire en sorte que leur plan successoral soit le même pour tout le monde, mais d’aider leurs enfants tout au long de leur vie. Si un enfant a besoin d’aide parce qu’il est sur le point d’être saisi ou a fait face à d’autres défis, les parents l’aident de son vivant.
Ensuite, dans le plan successoral lui-même, tout est partagé à parts égales. Ce que vous faites avec votre propre argent au cours de votre vie est votre affaire. Mais les documents juridiques traitent tout le monde sur un pied d’égalité. C’est une solution.

Quand des répartitions inégales peuvent avoir du sens
Harry Margolis : Dans d’autres cas, les besoins sont en réalité très différents.
Vous avez peut-être un fils qui est banquier d’investissement et ce qu’il vous laisse sera de l’argent de poche. Un autre enfant pourrait être un travailleur de la santé à domicile qui gagne beaucoup moins, ou quelqu’un qui a choisi une carrière à but non lucratif et qui se débrouille financièrement.
Dans ces cas-là, les parents voudront peut-être apporter davantage de soutien à l’enfant qui en a le plus besoin.
Mais si vous décidez de faire cela, je pense qu’il est préférable d’expliquer la décision de votre vivant. Parlez-en ouvertement au lieu de laisser cela être une surprise après votre décès. Cette conversation peut aider les familles à gérer leurs émotions et à éviter des malentendus plus tard.
Planification pour un enfant ayant des besoins spéciaux
Harry Margolis : Une autre situation où une planification inégale survient souvent est celle où une famille a un enfant ayant des besoins spéciaux.
Dans de nombreux cas, les parents créent une fiducie pour besoins spéciaux qui sera financée après leur décès. Les besoins de l’enfant sont plus grands, mais les parents peuvent quand même vouloir partager la succession à parts égales entre les enfants.
Une stratégie consiste à diviser la succession à parts égales, la part de l’enfant étant reversée à la fiducie pour besoins spéciaux. Les parents peuvent ensuite souscrire une assurance-vie pour fournir des fonds supplémentaires à cette fiducie.
L’assurance-vie garantit que l’argent sera disponible pour l’enfant ayant des besoins spéciaux, même si les actifs du parent s’épuisent ultérieurement en raison de soins de longue durée ou d’autres dépenses. Le seul coût pour la succession est constitué par les primes d’assurance payées au cours de la vie.
Quand les projets successoraux génèrent des litiges
Robert Powell : Vous avez mentionné qu’il fallait expliquer les décisions à l’avance comme moyen de réduire les conflits. Avez-vous vu des situations où les conflits ne pouvaient être évités, où les membres de la famille remettaient en question le testament ou la répartition des biens ?
Harry Margolis : Oui. Nous avons certainement vu des situations où des gens étaient très bouleversés lorsqu’ils découvraient comment la succession était divisée.
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De véritables défis juridiques surviennent souvent lorsqu’un parent modifie son plan successoral peu avant son décès. Cela peut se produire lorsque le parent souffre d’un handicap physique ou cognitif et a reçu l’aide d’un enfant.
Dans ces cas-là, les autres frères et sœurs peuvent prétendre que le changement est le résultat d’une influence indue.
Mais si quelqu’un est clairement compétent pour prendre ses décisions, la loi lui permet généralement de faire ce qu’il veut avec son argent.
Le risque d’influence indue
Robert Powell : Lorsqu’il s’agit d’influence indue, cela n’implique pas toujours un enfant. J’ai vu des cas où une infirmière visiteuse ou une aide-soignante à domicile finit par hériter de la majeure partie de la succession de quelqu’un.
Harry Margolis : Oui, ces cas se produisent et aboutissent souvent à des litiges. Dans de nombreuses situations, cela n’en vaut finalement pas la peine pour la personne qui a tenté de profiter de la situation.
Derniers conseils pour les familles
Robert Powell : Le conseil clé pour réduire les conflits est donc d’expliquer les décisions à l’avance et d’être conscient des différentes stratégies disponibles pour rendre les choses équitables ou justes.
Harry Margolis : Exactement. Même si cela ne semble pas toujours le cas, l’égalité de traitement dans un testament est souvent considérée comme équitable.
Si vous ne partagez pas votre succession de manière égale, il est important d’en expliquer clairement les raisons et d’en discuter ouvertement avec votre famille. Cette transparence peut grandement contribuer à prévenir des différends ultérieurs.
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