UBS a un message sur le prix du pétrole et l’économie

Les prix du pétrole augmentent à la suite de la guerre avec l’Iran. Les craintes d’une rupture durable de l’approvisionnement en provenance du détroit d’Ormuz sont à l’origine de cette décision. Les parallèles avec les crises pétrolières des années 1970 sont omniprésents.

Mais l’économiste de l’UBS, Arend Kapteyn, rejette cette comparaison. Leur argument est simple : l’économie mondiale est désormais construite différemment. L’huile ne vient plus comme avant.

La note, qui a circulé cette semaine, présente des arguments que les investisseurs qui surveillent les marchés de l’énergie devraient comprendre. La crainte d’une hausse des prix du pétrole pourrait être réelle. Les dommages économiques induits par la peur pourraient être considérablement exagérés.

Le numéro qui change tout

L’argument central de Kapteyn porte sur ce que les économistes appellent l’intensité pétrolière. C’est la quantité de pétrole dont un pays a besoin pour produire une unité donnée de production économique. Et ce chiffre a considérablement diminué depuis les années 1970.

Plus de pétrole et de gaz :

Le plus grand gisement de gaz du monde compte aujourd’hui autant que le pétrole. Goldman Sachs révèle les principales réserves de pétrole à acheter en 2026 aux États-Unis. L’économie fera preuve de résilience, malgré la hausse des prix du pétrole.

Aux États-Unis, les dépenses pétrolières en pourcentage du PIB s’élevaient à environ 4,8 % en 1974. Aujourd’hui, elles s’élèvent à environ 1,7 %. Ce n’est pas parce que les États-Unis consomment beaucoup moins de pétrole en termes de volume.

Cela s’explique par le fait que l’économie a connu une forte croissance alors que la consommation de pétrole a à peine bougé. Le PIB a été multiplié par près de vingt depuis 1974. La consommation de pétrole en 2024 n’était que légèrement supérieure aux niveaux de 1974.

Les implications pratiques sont flagrantes. Même si les prix du pétrole atteignaient 100 dollars le baril, UBS estime que les dépenses pétrolières américaines n’atteindraient qu’environ 2 % du PIB. C’est un nombre gérable. On est loin de l’étranglement économique qu’a connu le pétrole dans les années 1970.

L’Europe raconte la même histoire

Les États-Unis ne sont pas seuls dans ce changement. UBS a constaté que l’Europe a suivi un chemin similaire, peut-être plus rapide. Les dépenses pétrolières de l’UE sont passées d’environ 3,7 % du PIB en 1974 à environ 1,8 % en 2024. L’Europe y est parvenue grâce à la combinaison d’une croissance plus lente du PIB et de gains plus importants en matière d’efficacité énergétique.

La direction du déplacement est la même dans tout le monde développé. Les économies se dissocient discrètement du pétrole depuis des décennies. Chaque unité de production économique nécessite de moins en moins de quantité. Ce changement structurel est au cœur de l’argumentation d’UBS.

Pourquoi la comparaison avec les années 1970 échoue-t-elle ?

Les crises pétrolières des années 1970 ont été dévastatrices car le pétrole était profondément ancré dans tous les secteurs de l’économie. Chauffage domestique, fabrication, transport, production d’électricité. Le pétrole était partout. Lorsqu’elle est devenue rare et coûteuse, la douleur a été immédiate et généralisée.

COFFRINI/Getty Images

Ce n’est plus la réalité structurelle. Le gaz naturel a remplacé le fioul pour le chauffage domestique dans une grande partie du monde développé. La production d’électricité s’est éloignée du pétrole. L’efficacité énergétique des transports s’est considérablement améliorée en cinq décennies.

L’économie s’est adaptée. Et ces adaptations se sont aggravées avec le temps.

Kapteyn a également souligné une statistique surprenante de l’Agence internationale de l’énergie. Le directeur de l’AIE a noté que le conflit actuel au Moyen-Orient a causé davantage de pertes de réserves pétrolières que lors des deux crises pétrolières des années 1970 réunies. C’est un fait remarquable. Mais l’impact économique se manifeste de manière très différente, précisément parce que la dépendance de l’économie à l’égard du pétrole est aujourd’hui bien moindre.

Ce que cela signifie pour les investisseurs en ce moment

La note d’UBS implique directement comment les investisseurs devraient considérer la hausse actuelle des prix du pétrole. Plusieurs éléments ressortent de l’argument de l’intensité pétrolière :

Les craintes de récession liées aux prix du pétrole pourraient être exagérées. Si les dépenses pétrolières en pourcentage du PIB culminent à environ 2 %, même à 100 dollars le baril, le frein sur les dépenses de consommation et les marges des entreprises est réel mais contenu. Le scénario de la stagflation des années 1970 ne s’applique clairement pas. Le risque d’inflation est plus limité que ce que suggèrent les gros titres. Une part plus faible du PIB signifie une moindre répercussion sur les prix plus larges. La Réserve fédérale surveille davantage le chômage que le pétrole, et les données soutiennent cette approche. Le risque de rupture d’approvisionnement est réel même si les dégâts macroéconomiques ne le sont pas. Les restrictions du détroit d’Ormuz pourraient faire monter en flèche les prix du pétrole à court terme. Cela crée de la volatilité même sans effondrement économique. Les traders et les investisseurs dans les actifs exposés à l’énergie doivent s’attendre à des turbulences. L’efficacité énergétique est une histoire structurelle à long terme. La baisse de l’intensité pétrolière ne s’est pas produite du jour au lendemain. Cela reflète des décennies d’investissement dans l’efficacité, la technologie et la substitution des carburants. Cette tendance ne s’inverse pas.

La conclusion plus large de l’UBS n’est pas que les prix du pétrole n’ont pas d’importance. Ils le font. La hausse des coûts de l’énergie frappe les consommateurs, comprime les marges des compagnies maritimes et crée de véritables frictions. Mais le canal qui mène des prix du pétrole à la catastrophe macroéconomique est beaucoup plus étroit qu’il y a cinquante ans.

L’économie mondiale a passé des décennies à renforcer discrètement sa résilience. Cette résilience n’est visible que lorsque vient le test de pression. Ce test a lieu maintenant. Et jusqu’à présent, la structure reste la même.

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