Brian Moynihan, PDG de Bank of America (BAC), ne croit pas au discours sur la « catastrophe économique ».
En fait, dans une interview avec CNBC, il a offert une vision étonnamment optimiste de l’économie américaine, citant les données en temps réel de la banque sur l’activité de janvier, qui est en hausse de près de 5 % sur un an.
Il estime que ces chiffres correspondent à un discours fort de croissance économique, tirée par une augmentation des dépenses de consommation dans les cohortes à revenus faibles, moyens et élevés, mais à des rythmes différents.
La position ferme de Moynihan marque une rupture avec les commentaires baissiers sur l’économie, en particulier les moteurs de croissance limités et les craintes de récession qui ont dominé la conversation.
Récemment, j’ai écrit à propos de Gregory Daco, d’Ernst & Young, qualifiant l’économie de « paradoxe », les gros titres masquant une polarisation sous-jacente, malgré des dépenses de consommation relativement saines.
En outre, le FMI a émis un avertissement similaire selon lequel la croissance économique américaine repose sur des bases fragiles, tirées par l’augmentation des dépenses d’investissement dans l’IA, la hausse des valorisations boursières et le fait que les consommateurs fortunés sont à l’origine de l’effet de richesse.
L’économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, a dénoncé les dépenses incessantes dans l’IA et les valorisations boursières élevées qui continuent de masquer des faiblesses plus larges.
En revanche, le ton de Moynihan est plus rassurant, malgré sa formulation « K-économie ». Même si les risques demeurent et sont plus que jamais d’actualité, son opinion contraste avec le discours selon lequel « seuls quelques cylindres tournent ».
Brian Moynihan, PDG de Bank of America, affirme que l’activité de consommation a augmenté de 5 % en janvier, ce qui indique une croissance économique stable.
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Moynihan fait valoir un point plus large, déclarant à CNBC qu’il estime que le marché réagit de manière excessive à une seule impression de données qui s’est avérée faible.
Ainsi, au lieu de se concentrer sur le chiffre relativement faible des ventes au détail de décembre, il souligne ce que la banque constate actuellement.
Nous sommes à la mi-février, note-t-il, et l’activité en janvier parmi les 68 millions de clients consommateurs de BofA est en hausse de 5 % d’une année sur l’autre, ce qui est cohérent avec un environnement économique solide.
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Même s’il s’agit là d’une économie loin d’être en plein essor, il s’agit néanmoins d’un appel à la stabilité.
Cependant, il existe encore une division sous la surface.
Les groupes à revenus faibles, moyens et élevés « sont en croissance », mais à des rythmes variables, mettant en évidence une dynamique inégale en forme de K. De toute évidence, les pressions sur l’accessibilité financière persistent, mais elles n’ont pas fait dérailler les dépenses.
La scission en forme de K remodèle l’économie
Une économie en forme de K se caractérise par une divergence dans les dépenses et par la santé des équilibres entre les niveaux de revenus.
Fondamentalement, certains groupes peuvent obtenir des résultats exceptionnellement bons, tandis que d’autres stagnent, en grande partie parce qu’ils appartiennent à des groupes démographiques à faible revenu.
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Naturellement, cela est dû à l’effet de richesse (les actifs détenus de manière disproportionnée par les ménages aux revenus plus élevés), à un marché du travail qui soutient certains types de travailleurs mais laisse d’autres anxieux et à une accessibilité plus restreinte pour les produits essentiels.
Pour mettre cela en contexte, une analyse récente de Moody’s Analytics citée par Axios a montré que la majeure partie, 59 %, des dépenses de consommation provient des 20 % des salariés les plus riches, ce qui rend la croissance beaucoup plus dépendante des riches.
Moynihan estime que l’idée centrale est comportementale.
Ces commentaires suggèrent que les gens ont un emploi et gagnent un revenu, et qu’à l’heure actuelle, ils semblent s’adapter et non régresser.
Moynihan a ensuite élargi l’horizon en affirmant que les banques « reflètent l’économie » et que si la réglementation assure un meilleur équilibre, les capitaux circulent beaucoup plus librement pour soutenir la croissance.
Où se situent actuellement les objectifs du PIB américain
Compte tenu du PIB réel américain de 2,5 % en 2023 et de 2,8 % en 2024, les tendances récentes semblent bien plus fortes que prévu.
Toutefois, les dernières prévisions pour 2026 se situent essentiellement dans une fourchette basse à moyenne de 2 %, ce qui indique un rythme modéré.
FMI (mise à jour des PEM de janvier 2026) : PIB réel américain +2,4 % en 2026 Réserve fédérale (décembre 2025 SEP, médiane) : « Variation du PIB réel » +2,3 % en 2026 OCDE (Perspectives économiques de décembre 2025) : PIB réel américain +1,7 % en 2026 CBO (perspectives de janvier 2025) 2026, résumé par AAF) : Réel américain la croissance du PIB prévue devrait totaliser +2,2 % en 2026Banque mondiale (perspectives économiques mondiales de janvier 2026) : la croissance du PIB américain est estimée à environ +2,2 % en 2026
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